42243281

TOMASITO DIMANCHE 26 JUILLET MADRID

 

A TOMASITO DE FRANCIA

 

Que tu attendes ce jour depuis longtemps, c'était écrit , c'est sûr! Pour ceux qui te connaissent un peu et qui n'ont jamais perdu la foi en toi, Madrid ne pouvait qu'être un jour de gloire et de tragédie. C'était écrit dans le grand livre . Tu es là pour çà, nous montrer que le coeur d'un homme de dix neuf ans peut aimer le Toro jusqu'à lui donner sa vie, il t'a été tellement difficile à chaque coup d'épée de lui prendre la sienne.

 

De l'écrire, cela me fait monter les larmes aux yeux, larmes qui ne sont pas sorties lorsque la corne est rentrée dans l'arrière de ta cuisse, tant je savais que tu en avais programmé la possibilité et qu'elle faisait partie cette cornada de ta destinée. Aprés avoir pris de tes nouvelles au patio de caballos auprés de Philippe Mourgues ton valée d'épée, nous avons pu laisser éclater notre joie et notre fierté mais la ceinture d'anxiété que les femmes portent au ventre, ne lâchait pas. Aller savoir pourquoi l'angoisse emmagasinée pendant toute la corrida et même avant, aller disparaitre au bar "Puerta Grande" en écoutant parler de Tomasito "El Rosco" symbole vivant de l'Aficion madrilène le "jefe" du tendido 7. Jamais je n'avais écouté autant d'éloges sur un torero et entendu autant de vérités sur la Fiesta dans une pensée taurine concentrée, passionnée et généreuse. Cet homme et ses compagnons ont soutenu Thomas Joubert Bozzi d'Arles pendant la lidia de ses deux novillos jusqu'à lui crier la bonne distance pour porter la dernière estocade. "Corta y derecha, Tomasito". Cet homme a dit avoir eu la chair de poule à la première estocade de Tomasito. Valor, Personalidad, Tenacité, comparaison avec Ortega Cano quand il avait "faim", avec les estocades de Uceda Leal...Félicitations à Marie Jo la maman, bref, une pluie de douceurs portée par la voix rauque et amère du Tendido 7. Et les messages de félicitations qui arrivent dans ta chambre de clinique. Et la fierté de la cuadrilla retrouvée dans les rues du centre ville. Et nous tous, abasourdis de bonheur.

 

Tout avait commencé au paseo, tu es rentré à fond, le premier de trois ou quatre longueurs et tu as attendu les autres. Mirà "El Frances" , ont ils commencé. Avec tes amis notamment Emilie Tardieu, Margaux Laugier, nous étions au tendido 7 fila 2 depuis l'ouverture des portes, au soleil de Madrid. Au tendido 8, tes parents, Charly "El Lobo" Nathalie. Au premier novillo de Pedro Carrero, tu as fait preuve d'attention et ton geste à la cape permit au banderillero de finir sa trajectoire en sécurité. "Bien Francesito !" ont ils continué.

 

Devant notre agitation lors de ta première intervention pour un quite pieds plantés au centre du ruedo au premier novillo de Fernando Tendero, les aficionados du 7 ont cru qu'une peña entiére s'était déplacée. Non cinq ou six seulement. Ton premier novillo "SISON" de 475 kg negro bragado trés pointu a été reçu à porta gayola et tu as enchainé, pieds serrés une ou deux véroniques et un remate trés soyeux capote léchant doucement le sol. Olé! et nous n'étions pas les seuls à apprécier. Une mauvaise pique de Marc dans le cou du novillo,"pantonima " dixit tendido 7 et tu attaques de la barrière et tu es tout de suite au bon placement et tu apprends au toro à passer peu à peu et toujours trés tranquille à droite comme avec la main gauche et pour moi toujours la même angoisse de l'épée qui, si elle ne rentre pas, va gâcher tout ce beau travail avec un novillo peu participant. Tu te profiles trés prés du novillo et tu mets une estocade de loyauté dans les canons en te jouant la vie, sans faiblir tant l'enjeu est important. Adieu les cauchemars d'Arles 2008 et Nimes et Vic, une épée qui donne confiance pour la suite, une épée qui déclanche l'ovation et le tendido 7 qui te fait saluer au tiers avec insistance. J'aimerai entendre les commentaires d'Antonete sur Canal Digital. J'écoute la rumeur du 7. On espère un meilleur novillo pour finir cette belle soirée. Un autre quite au bon dernier novillo de Tendero et tu pars pour recevoir le dernier de la course, non pas à porta gayola mais debout au centre du ruedo dos au toril et tu tournes la tête pour voir arriver un jabonero, témoin de la lignée veragua, tu en avais déjà un de cette couleur de François André à Arles en non piquée à qui tu coupas une ou deux oreilles. La première tafallera passe bien, la deuxième non, tu es projeté au sol et le novillo te met la corne dans l'arrière de la cuisse au dessus de l'articulation du genou. Cris et larmes immédiatement dans les yeux de tes amies, même si elles savent que tu vas tout donner; pourvu que cela soit possible! La blessure bien que sérieuse te permet de rester debout, de ne jamais fléchir. Toute ta cuadrilla se transcende, Paquito à la mise en suerte pour la pique, Frédéric aux banderilles et tu reviens à la muleta conscient que l'instant est d'importance et qu'il faut aller jusqu'au bout de ton rêve, décrocher cette oreille ou plus devant ce public si exigeant, mais si aficionado et si généreux pour les "limpios del corazon" dont tu fais partie."Tutor" 490kg ne va pas être le novillo attendu mais tu vas tellement lui demander qu'il finira par montrer dans les belles séries de derechazos et dans une énorme série de naturelles qu'il a quelque chose à dire mais vraiment si on le lui demande avec douceur et détermination. Ce que tu as fait et bien fait avec des changements de mains, pechos y trincheras, tout en harmonie. Ton sang coule doucement comme une saignée libératrice de toutes tes angoisses, de tous tes doutes, de toutes tes peurs. Et la mise en suerte de matar arrive, annonciatrice d'un effort suprème pour ôter la vie à cet ami un peu revêche sorti du toril en sixième position. Et tu l'as placée cette encore énorme estocade. De Madrid, j'ai entendu crier le bar du tambourin et la civette portagnel réunis. Et d'ici je retiens les instructions précises du tendido 7 et la décompression bruyante du souffle retenu de tes proches. Thomas Joubert, regarde tous ces mouchoirs blancs et le tendido 7 debout et l'oreille qui tombe du palco et le bonheur s'installer sur les visages des arlésiens qui viennent d'entendre que tu es qualifié pour la finale. Tour de piste oreille à la main , larmes qui débordent. Est ce ainsi que tu avais rêvé ta présentation à Madrid ? Tu me raconteras ...

 

Infirmerie, opération et récupération pour la finale de dimanche du 2 aout. Suerte TORERO pour ce nouveau défi et surtout MERCI DU FOND DE L'AME.

 

Evelyne Lanfranchi Monleau

 

ps:mon ordinateur personnel sera réparé demain définitivement après un mois de panne et mes images de Madrid pourront être montées et mises en ligne. merci à tous les photographes présents qui me permettent de vous présenter un diaporama complet en mélant leurs clichés aux miens. voir dans galerie photos le diaporama

 

 

Posté par arlesie à 11:26 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

« Accueil 1