Saint Martin de Crau et la démesure irrespectueuse d'un certain public intégriste...

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Hier dans les arènes de la Crau, on retiendra trois faits :

 Des Toros, trés sérieux, de 5 ans révolus qui ont fait honneur à leur devise et au premier tiers, braves à divers degrés et dangereux pour la plupart. Et particulièrement entrepris par les picadors espagnols.

 Un Torero Thomas Joubert, Tomasito que beaucoup qualifiait d'immature pour ce genre de bétail avant la course, qui a révélé à ceux qui ne le connaissent pas, courage, sens de la lidia tout en préservant ses qualités esthétiques.

 Un public enthousiaste qui réagit à ce qu'il voit en piste et un autre public qui vient aux arènes avec des idées toutes faites, peaufinées dans un univers sectaire, un leader "allumé" et sa suite qui aboie les mêmes conneries lorsqu'un gamin se joue la vie, alors qu'il enseigne à un toro de cinq ans, encore très frais après avoir pris trois grosses piques, l'art de passer du coté gauche, "poco a poco" pour finalement libérer une naturelle, même une seule , quelquefois cela suffit pour être heureux . Devait'il abdiquer comme ses compagnons  prendre l'épée au premier derrote inquiétant et mettre à bas cinq ans de travail ganadero sans possible lecture.

 Un Torero qui essaie de faire passer un toro autour de son corps, alors que tous, nous avions perçu le danger, mérite de notre part un accompagnement silencieux et attentif, chaque millimètre de passe compte pour aboutir à porter l'estocade. Estocade qui fut portée en vérité sans s'écarter du danger, entière et efficace. Travail d'approche muleta en main et estocade "en toda ley" valent à eux seuls l'oreille que le Président accorda. Thomas Joubert l'a reçu sous les sifflets et les bravo, l'a mis dans la chaquetilla et la donna à un spectateur par la suite lors de son tour de piste. Mais Thomas était heureux...et donc nous aussi.

Les "broncas" devaient aller surtout à Esau Fernandez qui n' a pas fait honneur à son costume de lumières, ne mettant même pas en suerte pour la pique son dernier toro, ce qui lui value des "Olés" dés la première passe de muleta et trés caractériel, il partit chercher l'épée pour tuer sans faena , ce qui fut laborieux et aussi méprisant pour le public et le ganadero.

A souligner l'excellent travail offert par la cuadrilla au complet de Thomas Joubert et les trés belles mises en suerte que Thomas a réalisé sur ses deux toros pour le plus grand plaisir des amateurs du premier tercio.

Malgré tout ce qui porte à analyse, une après midi de Toros de respect, un Torero qui se révèle à tous, lidiador et artiste. Une tarde pleine d'Espoir pour la Tauromachie en général.

Evelyne Lanfranchi Monleau