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JEAN MARIE MAGNAN et THOMAS JOUBERT : un regard ...

 

Aujourd'hui dans la quotidien "La Provence" page Aficion parait un texte qui dés les premières notes a fait monter en moi une vague d'émotion similaire à celle que j'éprouve quand je vois et je revois THOMAS JOUBERT en piste.

Je ne sais pas si Monsieur Magnan a mis ce texte sur internet, dans un blog, un site ? Ce que je sais c'est que j'ai envie de vous faire partager ces mots et la magie qu'ils transmettent. Je vais donc taper l'intégralité sans pouvoir faire de copier coller, comme avant, quand Thomas Joubert était un petit enfant.

On y va :

" A ceux qu'il fait rêver"

" Droit, calme, reins creusés, mollets durcis, Thomas Joubert mène sa carrière à part, de façon marginale, colonne d'or autour de quoi le fauve s'enroule, on jurerait sur les revers du boléro.

Son art d'ornementiste dessine de légères arabesques, ciselures délicates et très fins paraphes, d'une domination jolie. Parce qu'avec lui l'imagination est au pouvoir, on se félicite de ce chic et de cette mesure qui le caractérisent durant ces trop rares prestations.

Avec des bêtes de bonne noblesse, la faena peut être de réconciliation, dégagée des poncifs et de la mécanisation du style par une personnalité sans entrave et, lorsque tout va à sa convenance, d'une intelligence des contacts aussi déliée que le jeu de poignet et la flexibilité de ceinture, poitrine exposée. Constatez comme ses trincheras, firmas, kirikiri, jaillissent dans le prolongement des passes fondamentales, rénovées par une sensibilité exacte du geste et réveillant les forces de la surprise.

Sans affectation de lenteur ni langueur excessive, quand le progressif glissement des leurres conserve le tempo, toute une poésie, qu'on ne saurait prendre en défaut dans l'entente, repose sur la juste appréciation de la place à occuper (sitio), sur la précision de l'appel de l'étoffe (toque) et la pulsation du rythme (temple).

Bien que Thomas Joubert soit loin de pulvériser les records, il y a du génie plastique, du duende bâtisseur du dédale de Crête et de ses surprenantes architectures dans son affaire. Doit'on lui demander davantage que de remplir un à un ses contrats bien gagnés et si espacés dans notre seule région? Alors que son moral ne fléchit pas, on appréhende que fasse défaut dans sa main de velours, le gant de fer des jours sans, qui l'attendent s'il fait carrière.

D'une qualité exceptionnelle, certains fauves ne pèsent ni ne posent et n'exigent que du sentiment pour parfaire l'accord. D'autres réclament un caractère plus dominateur, une technique plus avertie, une prise de conscience immédiate des défauts à corriger, des difficultés à résoudre, l'acquisition d'un métier sans faille.

Ne pas oublier que pour sa présentation de novillero à Madrid, Thomas JOubert coupa une oreille à son premier opposant (1), il y a pas mal de temps ! Puisse t'il rafraichir nos mémoires! Et, le cas échéant, la capitale le recouronnerait."

 

Jean Marie Magnan

samedi 17 juin 2017 La Provence

(1) note de Toros y Cactus l'oreille fut coupée à son deuxième novillo, après avoir été bléssé dés l'entame au capote quand il attendait le novillo au centre de la piste, dos au toril (revoir les photos et le reportage ce site )

http://www.torosycactus.com/albums/tomasito_madrid_26_juillet_2009/index.html

Rendez vous sur les gradins d'Istres Vendredi 23 juin !

Evelyne Lanfranchi Monleau