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Quelques épines au sujet des CARTELS DE LA FERIA D'ARLES 2018

photo Gérard Pauleau

 

Soirée de gala que cette présentation des cartels arlésiens !

Bien organisée, bien rythmée par un Monsieur Loyal impeccable, par des intervenants sans surprise. Si tout de même, fait à remarquer : la place et la parole données aux jeunes toreros de la novillada sans picador pour les 30 ans de l'Ecole Taurine d'Arles.

Une forte émotion quand Nestor Garcia est venu recevoir le Prix qui revenait à Ivan Fandiño, une mention spéciale au clip de Romain Bofi, sur les dernières images du Maestro à Arles en 2017.

Tout est bien ficelé! Sans faute.

Mais il manquait ce qui ressemble à Arles : la foule mouvante des aficionados debout, bruyante, attentive et explosive à l'annonce d'une belle course, les retards chroniques de la CTEM et du premier magistrat qui contribuent à faire monter la pression dans l'auditoire, les coups de boutoir de Luc Jalabert, la remise des prix de la CTEM sur le plateau avec le défilé  de ses membres, de nos arlésiennes royales et des récipiendaires.

Jean Baptiste , j'ai fait beaucoup de kilométres dans ma vie d'aficionada, beaucoup pour te voir et te suivre au moment où la France Taurine n'avait pas compris qui tu étais en piste et le Torero que tu allais devenir. Avec d'autres, je t'ai soutenu et aimé aussi bien en tant que personne que comme novillero puis jeune matador. Au point de me fâcher avec beaucoup d'autres aficionados, au point de quitter les clubs qui te manquaient de respect. Donc , je parle sans détour.

Ces premières précisions pour continuer à exposer mon point de vue, maintenant, sur les cartels proprement dits.

La novillada des ganaderos français, oui, des novilleros français, oui. Andy Younes et Juan Leal ont gagné justement leur place.

Et les Toros ! Et la diversité des encastes! Et les toreros gladiateurs !

Comment notre Ville ne réclame t'elle pas la présence de Mehdi Savalli, celle de Thomas Joubert dont on dit qu'il aurait refusé une course, n'y sentant pas sa place ? 

Il faudra attendre septembre pour croiser des Toros élevés pour des courses dites dures, mais il s'agit de celles qui mettent en valeur la préservation de la bravoure, ce qui est l'essence même de la corrida et qui rend le combat de l'homme torero héroïque.

Encaste suave dominant à souhait, la seule surprise pourra venir de l'évolution des Alcurrucen, mais j'aurai aimé les voir avec le cartel du samedi après midi, pour qu'ils soient hissés à l'expression de leur meilleur potentiel.

Le coeur des aficionados doit pencher pour le toreo guimauve, mais au combien artistique, avec des toros qui ne dépassent pas la ceinture des toreros, choisis pour leurs bagages génétiques livresques et sur lesquels nous ne voyons plus de tercios de piques dignes de ce nom. Il faut garder du jus pour la suite, il est même indécent parfois d'exiger une deuxième rencontre...

Pas de concours corrida, mais un concours de novillada avec un prix, difficile de dire quelque chose , cela ne suffit pas, j'ai l'impression de marcher sur de la ouate. Tout est bien feutré.

Globalement, on se passera donc du tercio de piques, si un grand toro se présente, il sera préservé par le troisième tiers, tiers qui fait couper les oreilles. Qui tient le pari ?

L'élevage surprise est celui de FREIXO, ganaderia du maestro El JUli, mais vu le cartel , l'effet se dégonfle, la sélection des élus a du être soignée. 

Que vais je faire de mes émotions pendant cette féria ? 

Jean Baptiste, je crois que tu as su créer un capital confiance en tant que torero, c'est indéniable et trés fort pour la Fiesta en France et à l'étranger, ton travail et ta passion du toreo sont reconnus et admirés. Tu as atteint des sommets ces dernières temporadas. Nous en sommes fiers. 

Mais, attention, tant ton hégémonie est grande, de ne pas lasser les personnes qui t'encensent aujourd'hui, mais aussi ceux qui te respectent encore parce qu'il leur est difficile de faire la part des choses entre le Torero qu'ils admirent et l'Empresa que tu es devenu.

Je ne sais pas comment tu ressens cette double casquette, je me surprends à te tutoyer comme quand tu étais un jeune homme, je ne ressens presque plus le droit de le faire. Etrange sentiment pour ceux qui t'aiment ou qui t'ont aimé, aujourd'hui de ne plus savoir que penser de cette situation ambiguë. Elle doit l'être aussi pour toi, (tant pis, je continue), puisque tu viens de te programmer deux fois dans tes arènes en 2018. Envie de continuer à toréer au niveau où tu t'exprimes aujourd'hui et passion pour ton entreprise familiale et ta ville d'Arles. Une rivière avec ses deux rives.

Pour survivre, Arles a toujours obéi à sa devise : "Par la colère du Lion"! Entre colère et sagesse, Ose nous proposer des prises de risques! Le trop parfait ne va pas à notre Ville, il appelle la lassitude.

Arles ne peut pas être sans saveur, sans originalité, sans audace, et même presque sans coeur.

Je souhaite que mes propos soient démentis par une affluence majeure à la taquilla, que la ville soit remplie d'aficionados et de festaires rassasiés et que l'on continue à penser de moi que je suis une aficionada aigrie !

Bien à vous tous

Evelyne Lanfranchi Monleau

samedi 13 janvier 2018