BEZIERS VENDREDI 14 AOUT 2009

BONJOUR TENDRESSE !

Arrivée à Béziers à 16h30 sous un soleil de plomb, avec le président Caparros et Margaux Laugier, jeune ganadera de l'élevage Dos Hermanas, nous avions du mal à respirer et à trouver un coin ombragé pour nous désaltérer. Le Bar "le Plaza" fera bien l'affaire , au coin de la rue la foule était alignée au fil de l'ombre et semblait attendre le départ de l'encierro comme le font les corredores à Pamplona prés de la porte des corrales!

Ambiance taurine et bon enfant ! Tel allait être notre après midi de toros.

Les arènes sont copieusement remplies pour un vendredi, des personnalités dans mon tendido bajo : Claude Serillon et sa compagne et au palco municipal Hervé Schiavetti, maire d'Arles aux côtés du maire de Béziers Raymond Couderc. Les " petits" sont soutenus par leur ville ! Et c'est normal, mais les réactions du public sont allées cette fois au delà du chauvinisme, du parti pris imbécile et au delà de l'asservissement de la présidence aux bons résultats systématiques pour ce type de course.

Donc Palmas pour moi au PUBLIC , tel qu'il était ce jour là, capable de s'adapter et de réagir à la lidia de chaque toro, au travail de chaque torero. Public qui sut "mettre un bronca d'enfer" à Juan Bautista, non pas pour une faena sans succés mais pour un geste d'énervement envers son premier toro, un beau rouquin avisé avec qui, il ne s'est pas entendu. Ce même public, après avoir obtenu les deux oreilles pour Sébastien à son premier toro, réaccueillit Juan Bautista à son retour en piste pour le troisiéme toro avec un ovation d'encouragement à faire dresser les poils sur les bras ! Déroutant ? Non, Aimant, Oui.

Une ovation qui galvanise, qui met en quelques secondes les neurones en place, l'envie aux bords des lèvres et qui propulse le corps en avant. C'était parti, Juan Bautista redevint lui-même : conquérant, attentif, au delà du trapio et des cornes pointées haut vers le ciel, aux signes de caste de ce beau toro noir brillant. Faena essentiellement droitière conclue d'une épée valant oreille à elle seule. Donc match nul aprés le troisième toro. Sincèrement il n'y eut pas de competencia affichée entre les deux toreros.Ils ont passé l'âge de la maternelle, ils composent chacun avec leur personnalité une oeuvre comme le faisaient à l'époque les Compagnons au hasard des routes. Juan Bautista cherchant l'étincelle qui le met en marche vers ce classicisme qui me plait tant et qui le fait triompher de lui-même et Sébastien venu faire plaisir à ses amis et mettre en valeur par sa "tendresse", çà c'est un mot de femme, les toros de la casa et il eut pour ses toros là les yeux de "Chimène". Encore une fois une belle histoire humaine s'écrit et se prolonge sur le sable des arènes grâce aux toros. 

Les durs ingrédients techniques: 

LES TOROS

Six toros des Monteilles sans nom communiqué par les éleveurs, c'est dommage, ils méritaient le baptême.

Présentation "TOP MODEL", bien roulés, luisants et bien encornés sauf le N°112 (premier de Sébastien)

Si vous retenez ce qui va suivre, vous pourrez mieux lire la prochaine corrida de la famille Margé :

Je savais que le marquage chez Margé avait un sens pour décoder l'origine des toros. Avec l'éclairage de Serge Calmels, aficionado bien connu de Béziers, voici ce que les toreros et les cuadrillas savaient :

toros 1 (n°36 ) et 4 (n° 28) origine Cebado Gago (0 à 99)

toros 2(n°112), 3 (n°122) et 6 (n°100)  Nuñez del Cuvillo (100 à 149) cinq oreilles ce jour

toro 5 (n°168) Santiago Domecq (150 et +)

Il reste que depuis le temps de la création de la ganaderia Margé, la sélection et les méthodes d'élevage propres aux ganaderos ont apportés des touches personnelles, mais les trois sangs sont menés séparement alors pourquoi se priver de réfléchir aux comportements vus en piste en tenant compte de ce paramètre. Un intérêt de plus pour l'aficionado.

Toros tous applaudis à l'arrastre, deux le méritaient vraiment.

LES PIQUES

Point noir du jour

7 piques, seul le dernier toro prend deux piques ou plus exactement deux rencontres, mais vous pourrez le voir en dernière partie de la video, c'est sûrement parce que la première pique a été manquée, Gabin s'y reprend à plusieurs fois avant de bien tenir le toro, le toro pousse mais sans la puya et Sébastien le remet en suerte.

Toutes les piques uniques ont été cariocées , sauf la puya du deuxième toro de Juan Bautista donnée par Jacques Monnier et le cheval Nuts, où le toro malgré le tour exécuté par le cheval et le cavalier sous la poussée a pu sortir librement, le picador n'empêchant pas la sortie du toro.Toro bien piqué au morillo et tête bien réglée après dans la muleta du maestro.

Il y n'eut qu'une rencontre en général, mais les toros étaient copieusement piqués et saignés abondamment jusqu'au sabot. La présidence n'eut aucune velleité de désobéir aux toreros qui demandaient l'arrêt de la suerte de picar. Et pour cause, les toros étaient piqués à fond dés la première. Et surtout aucune protestation de ce public tout acquis à la cause des toreros et des toros- une pique unique semble, hélas, tellement plaire au public-. Il est aussi certain que ces toros n'auraient pas supporté deux piques de la même intensité. Bref, le cycle infernal. Mais à part Dominique, mon amie et moi, cela n'a gêné personne! Nos voix ne portent pas assez et on n'allait pas casser la tendresse ambiante.

LES TOREROS

un quite de Morenito de Nîmes offert par Sébastien

Cinq Oreilles :

deux Juan Bautista à son deuxième

trois Sebastien : deux au deuxième et une au dernier (complétement à contresens de ce qu'il s'est passé en piste : rien ou Sébastien toréait seul, son toro était plombé)

un certain nombre de descabellos, un certain nombre d'avis, mais une douceur et une tendresse qui se poursuivirent par une sortie triomphale des deux toreros accompagnés de l'éleveur Olivier Margé, tous a hombros. Beaucoup trop de triomphalisme c'est sûr, mais je retiendrai l'effort consenti de Sébastien pour mettre en valeur les toros de ses amis et le sursaut de Juan Bautista grâce à un public venu pour se régaler de chaque instant.Et Félicitations au formidable orchestre montois qui a manifestement contribué au succés de la journée.

Evelyne Lanfranchi Monleau