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photo evelyne lanfranchi TOMASITO a porta gayola

DES EPINES à TARASCON sur RHONE

"Cet après midi, deux jeunes novilleros de tempérament affrontent six novillos issus des élévages français en novillada non concours. Quel dommage! Qu'est ce que cela veut dire? Pas de competencia entre les élevages français, pas de tercio de piques, priorité à la muleta de deux figuras en herbe ?"

C'est ainsi que j'avais commencé mon article avant d'aller à Tarascon et je me suis arrêtée là, pressentant des dérives dans ma tête, nuisibles à ma positivité chronique et je sentais monter des positions radicales d'inspiration andaiste (ma première adhésion militante dans le monde taurin, çà vous ne le saviez pas encore! Je vous raconterai un jour.) De cet anniversaire, 20 ans de novillada, je me prends à rêver de la tête du novillo d'un Dolores Aguirre qui pesait 700 kgs, offerte à la société taurine la Muleta d'Arles par Philippe DeLapeyre Bellaire "El San Gilen" ou de quelques novillos de la famille Yonnet et de bien d'autres. Tiens, il y a un Yonnet cet après midi pour ouvrir les débats et un Dos Hermanas pour la clôture, toute l'aventure ganadera française en deux heures de temps. Pour Tomasito, toujours une passion grandissante (j'ai déjà mes billets d'avion pour Madrid, sa présentation à Las ventas a lieu le 26 juillet) et exponentielle tant l'intériorité de son message taurin me touche et Juan Del Alamo que mon amie Dominique, aficionada arlésienne exilée à Bourges avait fortement remarquée lors des novilladas non piquées de l'été 2008 sur la chaine Anadalucia. Elle ne put le voir à Arles pour cause de pluie,et lors du revivre de la Feria le samedi suivant, je lui confirmai que ce "petit" avait déjà un sacré bagage et une forte personnalité car il venait à lui tout seul de sauver l'après midi des Margé.

Nous partons à Tarascon, 10KM . Les platanes, le drôle de ruedo et la foule des "connaisseurs gourmands" qui remplit les arènes. Que des têtes connues du Sud Est taurin, et quelques tarasconnais venus voir l'affiche proposée par  Pascal Mailhan. Je me place à l'ombre sur les gradins, pour une fois Jacques a accepté une invitation au callejon. Mon angle de vue est génée par un platane, mais j'en accepte le risque et je me dis que là j'aurai une vue exceptionnelle sur le tercio de piques! Cà continue la marotte : le tercio de piques. Pourtant Julie Zaoui dans la page taurine du journal La Provence du samedi  nous a bien avertis:"competencia entre elevages abandonnée pour que les novillos ne pâtissent pas de piques trop lourdes, interdisant peut être toute chance de succés artistique".

Je te remercie Julie d'avoir écrit "peut être", je te rassure aussi le succés artistique a été au rendez vous, 5 oreilles et la sortie a hombros des deux novilleros et la vuelta al ruedo du novillo des soeurs Laugier. Mais les piques malgré les préalables ont été trés trés lourdes, trés mal exécutées, blessant exagérement les novillos surtout par une souvent unique et assasine rencontre empêchant la sortie (carioca).

L'ensemble de la journée aurait méritée la configuration 'novillada concours" avec un tercio de piques exécuté pour mettre en valeur le novillo et adapté à celui-ci, pour le rendre propice à la faena de muleta et non impropre à celle ci, ce qui s'est hélas passé.

Dans ce tercio de piques, le massacre a eu lieu, exécuté par les hommes qui n'ont de professionnels que le vernis et dans un contexte d'associations de malfaiteurs. Et là je donne la palme aux personnes qui entourent le "déjà nouveau produit" Juan del Alamo et je peste de devoir écrire cela. Déjà au François André, massacré en une pique trés forte donnée sur l'épaule, sans mise en suerte, donc sans respect. Et il s'en suivit une faena hâchée, vulgaire et pleine de trucs, déjà! conclue par trois pinchazos et une entière basse atravesada et un descabello. Le Jalabert prend trois piques dont la dernière après la sonnerie "al relance", au milieu du dos , boite dés la première, pas de mise en suerte. Novillo que je ne juge pas car le tercio de piques donné uniquement pour l'affaiblir de trop, le blesser n'a permis qu'une chose :qu'il soit sur la défensive et ne livre rien, l'aguante du novillero a permis qu'il se passe quelque chose et une oreille a été demandée par quelques uns et obtenue après une difficulté à placer le novillo non dominé et une entière qui ressemblait de ma place à un bajonazo d'effet immédiat . La rapidité de la mort a fait une fois de plus oublier comment la mort a été donnée. Sincérité , vous avez dit ? C'est cela en effet, sincérité et respect du novillo. Le "Dos hermanas" de Margaux et Marie Laugier avait un sacré pétard a la sortie du toril et  une belle présentation, ce numéro 72 était de la camada des novillos d' Arles et de Nimes et avait de belles cornes. Il était resté au campo. Et la suite vous la connaissez : une seule pique trés mal donnée, trop longue, pour réduire exagérement et malgré ce le novillo pousse avec classe et bien droit, ce qui en dit long pour la faena. Faena qui restera bien en dessous du novillo qui récupérera malgré tout de l'entreprise de destruction exécutée par le picador déjà bien reseñer sur le trapio et la mobilité du beau novillo. Malo. Deux oreilles pour l'ensemble de cette oeuvre. Je retiens que Juan del Alamo devait triompher, c'était annoncé. Hecho donc! Trois oreilles. Au fond de moi une amère déception car le jeune a beaucoup de valeurs et de personnalité. Mais qui donc s'occupe de lui déjà?

Tomasito est calme, intérieur et centré sur ses novillos, il le fut trés bien sur le Yonnet qu'il mit bien en valeur des  deux côtés. Il pose calmement son toreo romantique et fin. Il est centré sur son toro, surtout sur le premier qui bougeait bien, je ne l'ai pas vu faible, mais bien fixe sur la muleta. Un bon travail empreint de pureté et de respect. Une belle entente conclue d'un pinchazo et d'une entière, une oreille.le novillo mit le cheval par terre , il me semble que le piquero a manqué la cible et que le cheval s'est trouvé "seul" sous la poussée du novillo. A discuter si vous voulez dans les commentaires à votre disposition. A noter un quite coleando de Tomasito pour sortir le toro du cheval qui était à terre. Ce qui en dit long sur sa présence mentale en piste.

Après Tomasito a déroulé son savoir faire mais moins bien centré sur ses novillos, novillos fortement attendus par les picadors, le Gallon volumineux et bien dans le type de son encaste prend une pique dont il sort seul. Mais trés forte, qui assomme et qui réduit exagérement le physique. Donc le toro passe mollement, s'arrête et oblige Tomasito à réduire l'amplitude de son toreo et à trouver un autre placement pour faire passer. Salut au centre. Avec le Alain Tardieu, Thomas fait preuve de technique affirmée et d'une concentration interessante pour résoudre le manque de vivacité de ce novillo-toro. Une oreille demandée par le public le récompense de son travail sur un exemplaire compliqué et sérieux. Je remercie Thomas de ne pas avoir usé et abusé de trucs pour transformer ses deux derniéres faenas en kermesse.Du sérieux à développer et à travailler car tous les novillos ne sont pas des tgv et pourtant il faut les faire passer en gardant son authenticité. J'espère Thomas que le public aura compris. Et qu'il continuera à te suivre.

Un bel hommage aux ganaderos français fut rendue avant la novillada par la municipalité de Tarascon, une belle photo de famille qu'aucune  petit mot n'est venu immortaliser pour l'instant. Du Doyen Hubert Yonnet aux petites dernières Margaux et Marie Laugier!

Mais il reste que j'ai passé un trés bel après midi de toros avec le plein de tous ces détails qui m'enchantent.Redécouvrir sans cesse cette palette de faits évocateurs de personnalités trempées, de combines de toutes sortes, de passion ganadera... Un gisement au filon inépuisable de VIE.

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Evelyne Lanfranchi Monleau

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les novilleros a hombros Photo Jacques Sevenier Pour El tico