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ISTRES 2009, UNE FERIA EN OR ...

Istres a une histoire taurine, c'est sûr. Proche d'une zone où le taureau camargue, le croisé et le toro espagnol ont pâturé et pâturent encore, la ville a toujours ouvert ses portes aux jeux taurins. Est ce que le livre de la série "histoire taurine" existe sur Istres, je ne sais pas? Je demanderai à Jacques Lanfranchi qui les collectionne. Par contre je connais mieux l'Histoire Taurine de Marseille écrite par le professeur Casanova et je rêve souvent des 18 arènes de la ville délicatement dessinées sur une carte de la ville. Cette métropole proche est attirante et le potentiel d'aficionados qui l'habite est colossal. Personnellement je ne pense pas taquilla, mais passion, culture, partage d'émotions entre générations et classes sociales, reconquête des traditions oubliées. Le jeu,  le courage, le dépassement et le don de soi pour se sentir vivre, les valeurs de la Tauromachie sont aux portes de Marseille.  Istres en est aujourd'hui le bastion le plus proche.  La politique de la Feria semble fondée sur deux concepts attirants : la simplicité et le plaisir. Simplicité associé à des tarifs abordables,et faire plaisir à tous : chevaux, sevillanes, jeux taurins pour les enfants. à quelques enjambées des arènes au coeur de la feria. Un travail d'équipe qui sait accueillir notamment au téléphone pour les réservations mais aussi créer une idée de Feria populaire, ce qui manque partout ailleurs, la tenue feria et la fierté d'être istréen en feria. J'ai regardé les courses, mais j'ai beaucoup écouté mes voisins, ils apprécient et ont un sentiment d'appartenance au travail accompli par l'équipe en place et un prénom revient souvent : Bernard. Bernard Marsella Carbuccia, torero d'alternative, chef d'orchestre, metteur en scéne à Istres. Homme du lien, par excellence !

La Feria d'istres, c'est aussi des cartels bien équilibrés pour faire se côtoyer les genres que beaucoup sur les gradins ont appris à distinguer . Les toros qui passent et qui repassent, bien élevés pour les triomphes majuscules des toreros artistes et ceux qui font peur comme les Escolar Gil de Dimanche pour les gladiateurs ou les boxeurs de l'arène. Cas particulier de Sergio Aguilar , artiste c'est sur avec des toros qui demandent une technique rude de soumetteur. C'est ainsi qu'il nous est revenu l'an dernier et que toutes les arènes toristas l'ont ensuite engagé et cette année il a du mal à développer cette belle contradiction : une douceur empreinte de fermeté réductrice pour toréer dans un sitio interdit avec ce type de toros. C'est certainement la tauromachie la plus difficile à tenir. Son compagnon de cartel , chef de lidia ce jour Rafaelillo se donne mais un toro sur deux, chaque fois (Arles, Vic, Ales et Istres) et en faisant saigner ses adversaires à la première pique outrageusement. On l'a déjà dit, mais je le répète et sa fermeté à lui ne nécessite pas la douceur, il tranche en tapant du pied, mais il est ferme et fait passer, mais  un toro sur deux. Il a un merveilleux peone Jose Mora, le Grand. Joao Ferreira rentre dans un créneau difficile et a montré qu'il pouvait progresser. Franchement un trés jeune comme lui et d'autres qui rentrent dans ce créneau là, doivent avoir l'indulgence des aficionados certifiés. Ils arrivent, ils ne peuvent pas tout savoir, tout faire. Ces toros d'Escolar, de Miura nécessitent des toreros d'expérience qui eux quelquefois se "foutent "de nous, parce qu'ils savent beaucoup des toros. Alors le public se doit d'encourager ces jeunes qui arrivent. Il faut attendre d'eux qu'ils apprennent à mieux lire leur toro et à mettre en valeur ses qualités quelquefois bien cachées par une tonne d'agressivité qui donne envie de partir en courant.

Mehdi et les Miura, sur les gradins, le public avait envie de faire la fête, ouverture de feria oblige. Des Miura d'une pique, les trois premiers et le sixième, le brief des présidences sur la nécessité de deux piques normales, est à mettre au programme pour l'année prochaine, même à Istres, car j'ai du expliquer à mes gentils voisins qu'ils n'y avaient pas  d'arènes d'une pique ou de deux piques, mais des piques adaptées au toro et qu'en France c'est encore le président de course qui commande. Ah, les banderilles, les trois toreros banderillent. Bref un débat sans fin. Mais qui entrainent des erreurs de jugement du public et du palco. Spectacle avant tout ou application du réglement taurin. L'idéal serait d'arriver à un spectacle éducatif pour le public et Istres y est parvenu par bribes et cela est important et rare. Mehdi et ses deux miuras : une approche mentalement drivée par Denis Loré et Mehdi qui écoute et qui reste les deux pieds tranquilles et qui nous fait "du Mehdi" tout en s'adaptant petit à petit aux volumes de ses partenaires. Mehdi dont le triomphe est souhaitée par le public, fera beaucoup de choses bien et continue sa découverte de ces toros de caractère. Il donne raison aux personnes qui lui ont fait confiance en le mettant aux cartels. Juan Jose Padilla , une seule oreille en poche, regarde stupéfié  la vuelta ubuesque de son deuxième Miura. Ramos, un héros fatigué, le teint blafard s'est seulement relaché à mi faena de son trés bon deuxième toro et perd une oreille à cause d'une entrée a matar indigne de lui. Ramos ne tue plus, rappelons nous qu'il est un maitre de l'estocade foudroyante en place et cadencée, une peine pour lui et pour nous. Des Miura plus qu'intéressants, une bien belle après midi pleine de détails encourageants, des erreurs par çi par là mais aucun ennui. Une trés belle entame de feria .

La suite à demain si le temps me le permet...(Yonnet, Castella, Escolar Gil et Bernard Marsella...)

Evelyne Lanfranchi Monleau