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Novillo de Christophe Yonnet Fourques 2006  photo El Tico

PARLONS D'EPINES ET DE FLEUR DE CACTUS

Comment vivre sa passion pour la  tauromachie et sa survie, sans être broyée par un système. Système qui demande sans arrêt les papiers, ou qui se pose cette question : Que veut 'elle ?

Dur d'être comprise quand je réponds: "je ne veux rien", seulement continuer à pouvoir aller aux arènes, à transmettre la culture taurine que mes parents et grands parents m'ont léguée et voir toujours des toros au campo au détour d'une route de Camargue et de Crau .Et aussi, continuer à me faire des voyages imaginaires à la découverte d'une ganaderia oubliée aux fins fond de l'Espagne ou du Portugal.

Ce romantisme taurin n'est pas compatible avec les arcanes du negocio taurino, donc il faut rester loin. Mais quand votre passion vous conduit à partager avec les autres, à instruire les autres sur l'art de combattre les taureaux toros après avoir soi-même beaucoup lu, beaucoup vu, c'est là que cela se gâte! Le spectateur est avant tout un billet, une monnaie, on se moque qu'il soit instruit en tauromachie et qu'il sache sélectionné les arènes et les cartels où on ne va pas le considérer comme un cochon de payant.

Difficile équation, rester seul et vivre sa tauromachie en solitaire ou avec son conjoint ou ses amis proches, en silence et assister au déclin de la race de toro et de taureau par excés de commerce et de standardisation, ou se regrouper pour survivre et se fédérer pour construire un systéme de défense idéal.

C'est possible, mais là encore la force du negocio et de fins stratéges nous font prendre les vessies pour des lanternes.

La défense de notre passion va avec échange, respect et solidarité. Pas avec culte de la personnalité, centralisation sans délégation et sans véritable démocratie.

Alors que faire? Peut être parvenir à dire ce que l'on pense sans embarquer avec soi les entités taurines ( CTEM, les clubs et autres organisations publiques ou privées...)qui semblent vouloir que rien ne change.

Dire pour soi et pour ceux qui veulent encore se poser des questions sur l'avenir de la tauromachie, pour ceux qui se sentent capables de soutenir un torero parce qu'il a tout donné à un toro et de  demander son retour pour la feria suivante, pour ceux qui sont exigeants sur la présentation des toros, sur le déroulement du premier tercio et qui savent à l'ouverture de la porte du toril qu'une page unique,incertaine et vivante de l'Histoire taurine va se dérouler. Chaque fois.

Qu'il faut y espèrer le meilleur et savoir lire ce qui se passera en piste : les détails de la rencontre entre les hommes et un toro. Il faut tout regarder : le valet d'épées, les banderilleros, les picadors !Et se régaler de tous ses détails qui composent ce tableau coloré et puissant. Que le résultat soit beau ou qu'il soit difficile, vous trouverez toujours un écho en vous qui s'appelle l'émotion . Aller à la corrida, c'est commencer à lire en soi.

Ce blog est dédié aux Toros et aux Hommes de Toros, le cactus a beaucoup d'épines et fait parfois des fleurs d'une infinie beauté et très éphémère, certaines vivent le temps d'une faena. Et le cycle des épines recommence. c'est pour toutes ces raisons que j'ai associé le monde des Toros aux Cactus. Et que je reviendrai vers vous, vous racontez mes histoires taurines.

Evelyne Lanfranchi Monleau